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Mon enfant entre en 6ème : quel soutien lui apporter ?

Professeur des écoles et maman de trois enfants, j'ai toujours été passionnée par les relations humaines. L'éducation est une thématique qui s'est imposée progressivement dans ma vie. J'exerce dans une école en REP (Réseau d'Education Prioritaire), ce qui m'a mise au contact de situations familiales complexes, où les parents ne se sentent pas toujours à la hauteur dans l'accompagnement de la scolarité de leurs enfants. C'est pourquoi je tente de faire converger mes expériences professionnelles et personnelles afin de partager des ressources autour de la méthodologie scolaire.
Mon enfant entre en 6ème : quel soutien lui apporter ? Posted on 30 septembre 2019Leave a comment
Professeur des écoles et maman de trois enfants, j'ai toujours été passionnée par les relations humaines. L'éducation est une thématique qui s'est imposée progressivement dans ma vie. J'exerce dans une école en REP (Réseau d'Education Prioritaire), ce qui m'a mise au contact de situations familiales complexes, où les parents ne se sentent pas toujours à la hauteur dans l'accompagnement de la scolarité de leurs enfants. C'est pourquoi je tente de faire converger mes expériences professionnelles et personnelles afin de partager des ressources autour de la méthodologie scolaire.

L’entrée en 6ème fait souvent office de rite initiatique. On en parle à notre enfant depuis le CM2 et tout le monde y va de sa remarque l’été précédent la rentrée (« Même le chien de la boulangère à l’air de me dire « la sixième, la sixième ! » » dit Kamo, le héros de Daniel Pennac). Cristallisant souvent les inquiétudes des parents, c’est pourtant l’enfant qui fait le « grand saut » : changement d’établissement, changement de fonctionnement, de dénomination de classes et souvent, perte d’un bon nombre des camarades qu’il connaissait depuis la maternelle. C’est donc un vrai bouleversement qui génère du stress et exige une grande faculté d’adaptation. Comment pouvons-nous aider notre enfant à vivre ce passage ?

Décentrer notre inquiétude et se focaliser sur l’enfant

A en croire les parents, c’est eux qui retournent en 6ème. Et ce n’est pas tout à fait faux : « J’ai détesté le collège et je n’avais pas hâte de voir ma fille y aller » confie une maman. L’expérience de l’enfant fait écho au passé du parent, et si celui-ci n’est pas apaisé, les angoisses parentales se conjuguent à celle du jeune.

Première étape : tenter de distinguer ses angoisses et celles de son enfant. Observer et écouter son enfant seront les meilleures attitudes à avoir en début d’année. Si on le sent ouvert, on peut bien sûr poser des questions sur les professeurs, les camarades, l’ambiance de l’établissement pour se faire une idée de son ressenti et de la manière dont il passe sa journée. Si tel n’est pas le cas, soyez patient et prenez un rdv avec le ou la CPE. Cela vous rassurera et votre enfant verra que vous tenez à comprendre comment il vit sa scolarité. Sa parole en sera peut-être libérée.

Se proposer comme partenaire, pas comme commandant en chef

Aiguillonné par vos inquiétudes, vous allez peut-être commencer par vous montrer trop autoritaire et critique à la maison : « Comment ça, tu n’as pas écrit tous tes devoirs ? » « Non seulement tu as bâclé cet exercice mais ta chambre est un vrai capharnaüm ! » « Ne me réponds pas sur ce ton ! »Les conséquences ne se feront pas attendre : conflits, distance et animosité se mettront entre vous et votre enfant. Et vous ne pourrez plus l’aider alors qu’il en a véritablement besoin. « Je voudrais qu’il accepte les conseils qu’on lui donne. » se désespère un papa.

Pour cela, il faut donc changer de perspective. Tout d’abord, discutez ensemble de vos attentes vis-àvis de la 6ème. Les vôtres et les siennes vont concorder car votre enfant est jeune et un des ses leviers de motivation sera de vous faire plaisir et gagner votre respect. Apprendre et obtenir les meilleurs résultats possibles sont la feuille de route la plus classique.

Puis, demandez-lui, explicitement, s’il pense qu’il a besoin de votre aide. La réponse sera souvent oui. On pense, à tort, que parce que l’enfant entre en 6ème, il faut le laisser se « responsabiliser ». Rester enfermer dans sa chambre pendant une heure n’est pas synonyme d’efficacité. Sa prise d’autonomie a besoin d’être guidée. C’est à ce moment-là que pourra se mettre en place un accord où l’intervention du parent sera perçue comme un appui pour atteindre l’objectif de réussite. Au lieu d’être vécue comme une corvée :« Pourquoi tu me demandes de chercher ce mot dans le dictionnaire ? Mon prof l’a pas demandé ! », la demande s’inscrira dans un but commun: bien faire le travail demandé. « Chercher dans le dictionnaire, ça m’évite d’écrire une réponse fausse et d’avoir à tout recommencer, c’est ça ? »

Eviter la politique de l’autruche

Le stress provoqué par l’entrée en 6ème s’apparente à celui vécu en CP. On est à nouveau le plus petit et on a l’impression qu’on ne sait plus rien faire, ce qui n’est pas tout à fait faux. La pré-adolescence est un moment de réorganisation du cerveau qui peut inhiber certaines réponses jusque-là acquise. Combiné avec le stress de l’expérience, vous ne reconnaissez plus votre enfant ! Il ne fait plus son lit, rechigne à aller se laver, s’embrouille dans son discours…Bref, il est confus et vous aussi. Ce n’est pas une raison pour vous dire que le temps va tout arranger. Il fera son oeuvre mais entre-temps, nous pouvons aider notre enfant à garder une prise sur son existence.

Les devoirs ne se feront pas tous seuls, les elfes de maison n’existent pas et on ne peut pas remonter le temps. Donc, le maître-mot sera l’organisation :

Etablissez un rituel : dès le retour du collège, si vous êtes présent, prenez 10 minutes pour consulter son agenda ensemble, ainsi que Pronote pour planifier les devoirs et vous tenir au courant.

Définissez avec votre enfant des plages horaires réservées au devoirs et aux loisirs. Etablissez une routine minutée (comme celle du matin) : goûter (15 min), travail écrit (40 min), récitation de leçon (10 min). Evidemment, tout est modulable (en fonction de la charge de travail) mais une base d’organisation sera sécurisante.

De la même façon, il est peut-être temps de remettre à plat l’organisation des tâches domestiques. Quand ranger la chambre ? Quand ranger le linge propre ? Quand ranger le bureau ? A quelle heure faire le cartable ?

Prévoyez des pauses dans la semaine et des bons moments dans le we pour l’aider à supporter les contraintes : jeux, films, sorties, passer un coup de fil à la famille, activité manuelle…bref, tout ce qui fera que le travail accompli débouchera sur un plaisir mérité !

Vous êtes son modèle : montrez-lui comment vous organisez votre travail, expliquez-lui comment vous prévoyez les repas, les sorties, afin que la gestion du temps et des tâches prennent sens à ses yeux et ne soit pas vue comme une « lubie » de papa-maman pour le collège.

Enfin, pensez à l’encourager et le féliciter, car votre enfant fait de son mieux, quoi qu’il arrive!

Isabelle Filliozat défend l’idée que l’attachement qui existe entre nous et notre enfant fait notre force de parent. En effet, c’est en puisant dans notre amour et notre envie de l’aider à s’épanouir que nous nous positionnerons à ses côté et non pas au-dessus de lui. Notre enfant est encore jeune. Ne lui demandons pas une autonomie qu’il n’a pas construite. Mais donnons-lui des outils qu’il pourra s’approprier et un modèle qu’il pourra suivre.

https://www.filliozat.net/
Professeur des écoles et maman de trois enfants, j'ai toujours été passionnée par les relations humaines. L'éducation est une thématique qui s'est imposée progressivement dans ma vie. J'exerce dans une école en REP (Réseau d'Education Prioritaire), ce qui m'a mise au contact de situations familiales complexes, où les parents ne se sentent pas toujours à la hauteur dans l'accompagnement de la scolarité de leurs enfants. C'est pourquoi je tente de faire converger mes expériences professionnelles et personnelles afin de partager des ressources autour de la méthodologie scolaire.

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