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Et si la Clé des Devoirs Sans Conflit était la Communication ?

J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !
Et si la Clé des Devoirs Sans Conflit était la Communication ? Posted on 19 avril 2021Leave a comment
J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !

Vous vous installez avec votre enfant, plein de patience et de bonne volonté. Le retour de l’école s’est bien passé et vous vous sentez disponible. Alors pourquoi, dès que les cahiers sont ouverts, la machine s’emballe et vous vous retrouvez, malgré vous, à hausser le ton ou à vous raidir d’exaspération ? Les devoirs peuvent être une source de conflit éreintante. Et si la clé résidait en une meilleure communication parent-enfant ?

Devoirs sans conflit : écoutez votre enfant de manière active

Dans leur livre Parler pour que les enfants apprennent à la maison et à l’école, Adele Faber et Elaine Mazlish nous livrent 5 secrets pour communiquer avec son enfant ou son ado de manière plus sereine et fluide. Les situations d’apprentissage sont déstabilisantes pour l’enfant qui doit accepter de surmonter son ignorance et stressante pour le parent qui se soucie de la réussite scolaire de sa progéniture.

Le premier conseil des deux auteures consiste à nous demander de redéfinir notre écoute pour désamorcer les conflits sur temps de devoirs. Là où on a aurait tendance à vouloir conseiller, minimiser ou encourager, il faut davantage tenir compte des sentiments de l’enfant.

Au lieu de :Préférez :
L’enfant : Je comprends rien à ce problème de maths ! J’en ai marre ! 
Nommer les sentiments de l’enfant :
J’ai l’impression que tu es découragé.
L’adulte :
Relis l’énoncé, ce sera plus clair ! 
Oh, ça va, n’en fais pas toute une histoire !
Tu es tellement intelligent, tu vas y arriver ! 
Accueillir par un mot : Hum, hum, je vois. 

Utiliser l’imaginaire : Ce serait si bien si tu avais un décodeur de problèmes ! 

Cette posture active n’a rien de spontané ! Mais paradoxalement, elle ouvre la possibilité pour l’enfant de vivre son émotion, même peu de temps, afin de la surmonter. Il va pouvoir se remettre au travail plus apaisé.

devoirs apaisés
Des enfants qu’on écoute de manière active se sentent plus apaisés.

Suscitez la coopération de l’enfant sur le temps de devoirs

Quand on aide son enfant à faire ses devoirs, le conflit peut survenir quand on constate quelque chose qui nous semble mal fait : une présentation négligée, un exercice bâclé, du temps perdu à rêvasser, etc. La tentation est grande de court-circuiter la communication parent-enfant en donnant des ordres et en faisant des reproches. Pourtant, il y a d’autres moyens de susciter la coopération et, par la même occasion, d’éviter une dispute :

Au lieu de :Préférez :
L’adulte : Non mais, tu as vu comment tu as présenté ton exercice ?Décrire le problème : Je vois un exercice mal présenté. 

Donner des renseignements : Un exercice bien présenté est plus agréable pour toi et pour ton professeur.

Décrire ce que vous ressentez : Je suis contrarié de voir cet exercice présenté comme ça.

Offrir une solution : Tu peux prendre une pause et copier cet exercice plus proprement plus tard.

Il s’agit d’adopter un ton respectueux, tout en restant exigeant. Communiquer différemment ne signifie pas abdiquer ses propres valeurs mais bien établir un courant bienveillant qui permettra à l’enfant de ne pas se sentir jugé ou menacé.

Remplacer la punition pour apaiser les tensions liées aux devoirs

Il arrive que la communication parent-enfant soit mise à mal par un comportement que l’on juge inacceptable : cahiers balancés, mots grossiers, insolence. Là encore, pensons à respirer profondément avant de répliquer. Punir ? C’est une réponse classique mais trop éphémère. En effet, la punition n’apprend rien à l’enfant. Elle consiste seulement à stopper l’action répréhensible et à marquer symboliquement notre désaccord. Or, notre objectif est éducatif, n’est-ce-pas ? Alors comment changer de stratégie ?

Au lieu de :Préférez :
L’enfant : Oh, ces devoirs de %*$& !!!

Suggérer un comportement convenable : Tu peux reformuler avec des mots acceptables ?
L’adulte : Tu entends ce que tu dis ? Tu peux faire une croix sur ton temps de jeu vidéo. Exprimer votre désapprobation : Je suis très contrarié de t’entendre t’exprimer comme ça. 

Lui montrer comment redresser la situation : Ce que j’aimerais entendre c’est ce qui te contrarie exactement. 

Lui laisser le choix : Tu peux jurer dans ta tête ou t’exprimer correctement.

Le laisser subir les conséquences de sa conduite : Quand j’entends ça, je n’ai plus du tout envie de t’aider à faire tes devoirs.
les devoirs peuvent engendrer des disputes et des punitions
Menacer ou punir : est-ce vraiment constructif pour notre enfant, surtout sur le temps de devoirs ?

Parfois, on perd son calme au point d’oublier toutes ces astuces de communication parent-enfant. À ce moment-là, s’il faut ne garder en tête qu’une technique, c’est celle du retrait : mieux vaut se lever et partir sans rien dire pour être seul, plutôt que de se laisser déborder !

Devoirs apaisés : critiquez sans blesser

Critiquer signifie initialement examiner un ouvrage pour en faire ressortir les qualités et les défauts. Une critique n’est donc pas automatiquement négative. Pourtant, c’est souvent la tournure que cela prend. On pense émettre une critique constructive, qui aiderait notre enfant à mieux comprendre comment faire et on s’aperçoit, trop tard, qu’il se sent blessé et vexé. Du coup, va-t-il tenir compte de notre commentaire ? Bien sûr que non ! Alors comment vivre un temps de devoirs sans conflit, tout en se permettant de remettre en cause les actions de notre enfant ? La critique « constructive » est très difficile à entendre, même pour un adulte. Il est beaucoup plus agréable d’entendre une description de ce qui a été fait et de qui reste à faire.

Au lieu de :Préférez :
Adulte : Tu n’as pas encore fait les deux derniers exercices ! À cette allure, les devoirs sont loin d’être finis  

L’enfant pense : Je suis nul.
Adulte : Tu as appris ta leçon et fais un exercice. Il t’en reste deux ! 

L’enfant pense : Je vais y arriver.

Libérez votre enfant des rôles qui l’empêchent de s’épanouir

Si les parents ont souvent une excellente image de leur enfant, cela leur arrive de les mettre, même affectueusement, dans des cases. L’enfant sera « tête en l’air », « impulsif », « clown », etc. Ces étiquettes sont remises sur le tapis au quotidien, sur le temps des devoirs. Telle une mécanique bien huilée, les attitudes qui nous exaspèrent se remettent en marche et peuvent mener à la confrontation.

Les mêmes scénarios se répètent inlassablement et semblent couper toute possibilité de faire changer la situation : l’enfant « tête en l’air » va perdre son temps à chercher son matériel, « l’impulsif » va se débarrasser de ses exercices. Pourtant, nous pouvons déjouer la fatalité. Voici les conseils des deux auteures de Parler pour que les enfants apprennent, à la maison et à l’école :

  • Recherchez les occasions de présenter à votre enfant une nouvelle image de lui.
  • Placez-le dans des situations qui lui permettront de se voir d’un œil différent.
  • Faites en sorte qu’il vous entende dire des choses positives à son sujet.
  • Donnez l’exemple du comportement que vous voulez inculquer.
  • Rappelez-lui ses réalisations.
  • Exprimez vos sentiments et vos attentes, quand le comportement est à l’image de son « étiquette ».
A lieu de catégoriser :Préférez :
Adulte : Tu es vraiment trop négligent. Tu bâcles tes devoirs.Rechercher une occasion de lui présenter une nouvelle image de lui-même : J’ai vu que tu avais pris ton temps pour réaliser cet exercice d’anglais

Le placer dans des situations qui lui permettront de se voir d’un œil différent : J’aimerais que tu me montres comment tu réalises cet exercice, quand tu prends tout ton temps.

Faire en sorte qu’il vous entende dire des choses positives à son sujet : Il/elle a présenté un devoir d’anglais très approfondi la semaine dernière.

Donner l’exemple du comportement que vous voulez inculquer. Je me suis appliqué sur ce dossier. J’ai envie qu’on apprécie mon sérieux au travail. 

Lui rappeler ses réalisations : Te souviens-tu de ce devoir d’anglais que tu avais si bien rédigé ?

Exprimer vos sentiments et vos attentes, quand le comportement est à l’image de son « étiquette » : J’aimerais que tu approfondisses davantage ton travail la prochaine fois.

Cette façon de communiquer entre parents et enfants suscite bien souvent des interrogations, et beaucoup sont répertoriées dans le livre. Je vous invite donc vivement à vous le procurer !

parler pour que les enfants apprennent à la maison

Vous voulez aller plus loin avec ces auteures ? Découvrez Comment encourager son enfant ? et Qu’est-ce qui motive votre enfant à apprendre ?

J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !

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