Posted in Côté psy

Cerveau et Apprentissages : 8 intuitions confirmées par la science

J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !
Cerveau et Apprentissages : 8 intuitions confirmées par la science Posted on 12 avril 2021Leave a comment
J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !

Les neurosciences et psychologies de l’apprentissage n’en finissent pas d’explorer cet organe mystérieux qu’est le cerveau. Apprendre est un phénomène complexe, à la croisée de différents comportements qu’on a appris à identifier et d’hypothèses qui restent encore à confirmer. Le magazine Cerveau et Psycho nous transmet chaque mois les résultats et analyses ces passionnantes recherches. Bien-être, nutrition, compétences cognitives : voici un florilège de 8 intuitions concernant le cerveau et les apprentissages confirmées par la science.

Le sommeil nettoie le cerveau

On savait déjà que le sommeil faisait bénéficier notre cerveau de ses vertus réparatrices : consolidation des apprentissages, récupération physique et métabolique. Le temps d’endormissement peut se découper en 2 phases : le sommeil lent et le sommeil paradoxal. Le sommeil lent permet à notre enfant de grandir et de se ressourcer physiquement tandis que le sommeil paradoxal favorise la fixation de ce qui a été appris dans la journée. La sieste aurait également un impact sur les capacités d’abstraction et de mémorisation. Un sommeil de qualité est donc un facteur de réussite scolaire.

sommeil et cerveau
C’est pendant le sommeil que le cerveau évacue ses déchets.

On sait aujourd’hui que le cerveau profite du sommeil pour éliminer ses déchets grâce au réseau glymphatique. Le liquide dans lequel baigne le cerveau irrigue tout ce réseau et nettoie notre encéphale de ses résidus pendant l’endormissement. Cette information est un argument de plus pour chouchouter le sommeil de nos enfants (et le nôtre) !

Les pommes chouchoutent les neurones

Une étude allemande a mis en lumière les propriétés de certains phytonutriments des pommes : ils permettent aux neurones de se multiplier et de rester en vie plus longtemps. Les expériences ont été menées sur des souris à qui on a administré de la quercétine, composé présent dans la peau des pommes. Ce composé a favorisé la neurogénèse (prolifération neuronale) et la survie des cellules nerveuses. Plus encore que l’aspect protecteur de l’alimentation, ces expériences mettent en lumière son versant régénérateur. Pour autant, il n’a pas été démontré qu’engloutir plusieurs pommes par jour améliorait significativement les capacités d’apprentissages des cobayes sains !

pommes et neurones
Manger une pomme par jour éloigne le docteur pour toujours !

Cerveau et apprentissages : bouger, c’est essentiel

Le programme national nutrition santé recommande au moins 1h par jour d’activité dynamique pour les enfants entre 6 et 11 ans. « Un enfant qui bouge apprend mieux » nous dit Irène Margaritis, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’Anses (L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation). Une étude menée au Danemark a entériné ce propos. 3000 élèves de 10 à 12 ans ont participé à un programme de 11 semaines, à raison de 2 séances par semaine. Cette expérimentation liait éducation à l’hygiène et au bien-être, et activité physique. Pour cela, chaque cours était suivi d’exercices de football. Un autre groupe a reçu les mêmes recommandations, sans sport. Le premier groupe avait bien mieux mémorisé les recommandations, certainement grâce à la pratique sportive qui soutient les fonctions cognitives.

bouger pour apprendre
Le sport améliore les performances cognitives.

Notre cerveau évalue mal les durées quand il est sous pression

Nos enfants sont parfois déstabilisés par les exercices à faire en temps limité. C’est parce qu’ils s’inquiètent du temps qui passe et qu’ils ne mettent pas toutes leurs ressources cognitives dans l’exécution de la tâche. Ce qu’on appelle la pression temporelle, ce serait le rapport entre l’ampleur de la tâche et le temps dont on dispose pour l’exécuter. Or, le cerveau a du mal a évaluer correctement les durées au delà de quelques dizaines de seconde. Du coup, si l’enfant estime avec difficulté le temps qu’il lui faut réellement pour mener à bien une action, la pression temporelle peut être exagérée. Ce qui se produit souvent lors du temps de devoirs. Là où vous ne voyez que quelques exercices à faire en moins d’une demi-heure, votre enfant voit une tâche insurmontable qui va lui gâcher sa soirée.

cerveau évaluation des durées
Notre cerveau évalue mal les durées, surtout lorsqu’il est sous pression.

Alors comment l’aider à alléger cette pression ? Il s’agira de découper les tâches en mini-missions de quelques minutes. Cette planification a pour avantage de créer des échéances plus proches et donc plus acceptables, et de favoriser la concentration.

Une alimentation grasse et sucrée attaque les capacités cérébrales en 4 jours

Une alimentation riche en acides gras saturés, du type hamburgers, frites, boissons et desserts très sucrés a des effets délétères sur le cerveau très rapidement. En effet, si l’on se nourrit « fast-food » deux fois par jour, les capacités de mémorisation et d’apprentissage verbal chutent au bout de 4 jours. L’activité de l’hippocampe, qui contrôle la formation des souvenirs, le repérage dans l’espace et l’imagination, ralentit. De surcroît, la capacité à réguler son appétit se détraque. Cette dérégulation spectaculaire doit donc nous alerter sur la qualité de l’alimentation que nous proposons à nos enfants afin de protéger leur cerveau et leurs apprentissages.

alimentation grasse performances cognitives
Au bout de 4 jours de nourriture type fast-food, les compétences cognitives chutent.

La région cérébrale de la persévérance existe

Si l’on savait que certaines zones du cerveau étaient dédiées à des fonctions précises comme la vue ou le mouvement, on sait aujourd’hui que le « cortex de la ténacité » existe. Il s’agit de la partie moyenne du cortex cingulaire antérieur. Quand cette région est lésée, l’individu est frappé d’apathie : il n’est plus capable de se motiver pour quoi que ce soit. Ainsi, si cette zone a une activité dynamique, les enfants ont envie de réussir et de persévérer. Comment soutenir cette persévérance ? En utilisant l’attention et en déplaçant celle-ci d’une sensation désagréable (rester assise à mon clavier alors qu’il y a un beau soleil dehors !) vers une sensation agréable qu’on peut amplifier (la satisfaction d’avoir écrit un article avant d’emmener mes enfants jouer). Vous pouvez ainsi aider vos enfants à être persévérant en verbalisant le bénéfice. Cela musclera ainsi l’activité du cortex cingulaire antérieur.

persévérance
Être tenace, c’est visible dans le cerveau.

Rire favorise les apprentissages

Le rire se base sur l’effet de surprise : dès 4 mois, un bébé se réjouit de votre disparition et de votre réapparition subite derrière vos mains. Le rire active 400 muscles, du visage aux abdominaux et un fou rire de 10 minutes aboutit à une sensation de bien-être qui peut durer une heure. Plus étonnant encore, rire permet d’apprendre : apprendre en riant est motivant. Or motivation et mémoire se partagent un espace commun : l’hippocampe. De plus, le rire abaisse le niveau de stress qui pourrait entraver les apprentissages. Enfin, le rire aiguise l’attention : seul ce signe vocal provoque une activité cérébrale spécifique liée à l’anticipation d’un événement plaisant. Le cerveau des enfants enregistre mieux les apprentissages en riant, dès le plus jeune âge, quand ces apprentissages sont liés à un gag ou une blague.

rire et apprentissages
Rire favorise l’attention, la motivation et la mémoire.

Mieux vaut plusieurs consignes simples qu’une consigne complexe

Si votre enfant a un exercice où la consigne principale est en réalité un agglomérat de plusieurs consignes simples, découpez-la en étapes. En effet, quand deux éléments dans une consigne sont importants, le cerveau a beaucoup plus de mal à organiser son action que lorsqu’il doit se concentrer sur une seule cible. Avec deux consignes simultanées, nous arrivons rapidement à la surcharge cognitive. Ainsi, il a été démontré qu’un élève s’en sort mieux s’il a pour consigne de se relire en cherchant les erreurs d’orthographe puis de grammaire, que s’il a ces deux objectifs demandés en même temps. Donc mieux vaut enchaîner les tâches simples afin de ne pas oublier son objectif et à terme, se laisser distraire. Et cela est aussi valable pour les enfants que pour les adultes.

consignes et apprentissages
Mieux vaut donner plusieurs consignes simples qu’une consigne complexe. Cela marche aussi à la maison !

Vous voulez continuer à explorer les facteurs psychologiques de la réussite scolaire ? Allez lire ces articles : Faut-il tout miser sur l’intelligence?, 10 conseils pour avoir confiance en soi, Bien dormir pour bien apprendre

Sources : Cerveau et Psycho

J'ai toujours aimé apprendre. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants que je croise sur ma route d'enseignante ! Passionnée par les processus d'apprentissage et la méthodologie, je partage avec vous le fruit de mes recherches pour qu'apprendre soit toujours un plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.